Le nouveau paradigme économique d’après Oussama Ammar

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Serions-nous à l’entrée d’une nouvelle ère économique ? Parlons de l’émergence d’un nouveau paradigme. Quels sont ses signes et ses conséquences sur notre existence ? Oussama Ammar, co-fondateur de l’incubateur de startups The Family, est connu pour ses idées disruptives sur l’avenir de notre économie. Il explique qu’en France nous vivons dans des mondes parallèles. Nous vivons dans des réalités différentes, nous ne pouvons plus prétendre de vivre la même réalité.

La commoditization, un nouveau paradigme

En français la commoditization se dit banalisation. Oussama Ammar commence par nous expliquer comment pour lui le savoir est devenu la première commodité de ce nouveau paradigme.

“Ce que les gens font est plus important que ce que les gens sont”. Oussama Ammar

Les études ne sont pas aussi importante que ce que nous sommes capable de faire sur le marché du travail. L’école est en crise et n’arrive plus à fournir quoi que ce soit à la nouvelle génération. Tout le monde peut être autodidacte, c’est le cas notamment de l’atlete vainqueur des JO après s’être formé au lancé de javelot sur Youtube. Donc être autodidacte n’a plus vraiment de valeur, et avoir un diplôme n’a plus de valeur non plus. Il est donc l’heure de ne plus attendre d’un diplôme un statut social, mais de se mettre au travail pour montrer ce que l’on est capable de faire.

L’âge entrepreneurial arrive

Pour The Family, l’âge entrepreneurial est aussi important que l’âge industriel. Dans le paradigme industriel, l’augmentation de la quantité fait baisser la qualité du produit. Alors que dans l’âge entrepreneurial, on parle de scalabilité, l’économie d’échelle. C’est-à-dire que plus on produit, plus la qualité s’améliore. A l’ère industrielle, l’investisseur et le distributeur sont rois. Aujourd’hui, ces deux éléments sont complètement remis en question. A l’ère entrepreneuriale, on peut créer une société à grand impact avec des fonds financiers très limités. On peut également commencer à vendre sur internet avant d’avoir produit, la distribution est donc complètement renversée.

Les barrières à l’entrée des marchés du nouveau paradigme sont complètement ratatinées. Les amateurs prennent le pouvoir sur la production artistique. C’est l’explosions de la production de contenus, notamment sur Youtube.

La géographie, une commodité du nouveau paradigme

On a une énorme transformation du sentiment d’appartenance des habitants d’une zone géographique. De moins en moins de personnes se sentent appartenir à leur nation comme la France. Et d’autre part, de plus en plus de personnes se sentent appartenir à la nation internet. Aujourd’hui, les entreprises ne construisent plus en s’appuyant sur l’état nation et sa notoriété. L’entreprise menace plutôt la nation de disparaître. C’est l’exemple de l’Uberisation qui abolie les taxes nationales dans certains secteurs d’activité. Ces entreprises sont au dessus de la régulation par le gouvernement, ce sont elles qui dictent les règles à présent.

“C’est pas moi qui ai fait la réforme du transport en France, c’est les français en utilisant Uber plutôt qu’un taxi” Emmanuel Macron.

L’emploi est menacé

Pour Oussama Ammar, la réduction du temps de travail va devenir évidente, dans un monde de l’automatisation. Le travail comme fonction sociale est une invention de l’ère industrielle. Il reste maintenant à inventer une nouvelle forme d’occupation qui ne passe pas par le marché du travail. Il donne des exemples d’entreprises comme Agricool, Momentom Machine et une imprimante 3D de maisons. Nous sommes capable de tout automatiser; la production alimentaire, la construction, le transport, le savoir. L’optimisation est poussée à l’extrème. Ces startups menacent des milliers d’emplois et permettent de réduire drastiquement les coûts et temps de production. Mais l’homme acceptera-t-il de ne plus avoir à travailler ?

Résistance au changement

Pour cet entrepreneur, l’état est là pour nous protéger du changement engendré par l’arrivée de l’ère entrepreneuriale. Or ce changement est un énorme tsunami inévitable, et son arrivée n’est pas négociable. Ce changement serait initié depuis la révolution française avec l’arrivée de la démocratie. Ces derniers siècles ne sont qu’une transition entre une époque de grandes inégalités et un marché réellement libéré.

“Tous les biens et services dans le monde qui ne sont pas régulés sont en déflation. C’est une source de liberté économique” Oussama Ammar

Que fera-t-on alors ?

Pour Oussama, on va passer d’un monde linéaire à un monde exponentiel. Le monde où tout était prévisible est terminé, on passe dans l’ère de l’imprévisible. Le travail ne devrai plus tenir une place aussi centrale dans notre épanouissement. L’économie d’échelle va nous permettre d’acquérir des produits de qualité pour des coûts très faibles. L’automatisation réduira le temps de travail, jusqu’à peut-être éliminer le travail. Et il ne nous restera plus qu’à trouver un sens à notre vie, et nous épanouir par d’autres activités.

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Entrons dans l’ère de l’entreprise féminine

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On l’a vu dans l’article Comment le digital transforme les modèles d’entreprise, l’uberisation et les licornes font évoluer nos façons de travailler. Nous entrons dans l’ère de l’entreprise féminine.

Qu’est-ce que le féminin ?

L’énergie féminine est une énergie douce, calme et collaborative. Dans le YinYang, elle est associée à la nuit, la lune, la glace. C’est le nord, l’introspection, le côté passif et réceptif. Alors que la polarité Yang représente le soleil, le masculin, la lumière, la force, l’action, le chaud, le pouvoir. C’est le côté de l’extraversion, du sud, du jour et du plein.

Notre civilisation a largement mis en valeur les polarités masculines ces derniers millénaires. L’homme était mis en avant et occupait une place sociale plus important que la femme. Nous avons été guidés par les guerres, les conflits et autres combats de pouvoir. Pendant ce temps l’énergie féminine était toujours bien présente, simplement dans l’ombre. Les femmes géraient l’intendance, le foyer, l’économie à petite échelle. C’est grâce à elle que les graines sont conservées d’une année sur l’autre pour la prochaine récolte. Ce sont elles qui contrôlent le budget pour ne pas manquer en cas de coup dur.

Comment cela se concrétise-t-il dans l’entreprise féminine ?

L’économie collaborative et l’entreprise libérée sont des mots féminins. Ce sont des concepts emprunts d’une grande féminité car ils sont basé sur la collaboration, la coopération. C’est une force opposée à cette du pouvoir et du conflit représentée dans le Yang.

Notre civilisation délaisse peu à peu les infrastructures basées sur la compétition pour entrer dans la coopération. Prenez l’exemple du cloud. Nous ne sommes plus à l’ère de la protection des données dans une chambre forte. Aujourd’hui nous partageons les données au sein des entreprises. Nous les déposons sur un cloud externalisé, car coopérer avec un fournisseur cloud nous permet de mutualiser nos frais et de profiter de la puissance de ces outils collaboratifs. C’est une relation gagnant-gagnant qui s’installe au lieu de s’engager dans une relation de conflit concurrentiel pour faire mieux que Google.

Certaines société partagent même leurs données publiquement afin de mieux servir leurs clients ou d’inspirer d’autres confrères. Là aussi les confrères sont vus comme de potentiels partenaires et non plus comme de méchants concurrents. Et si tout le monde publiait les salaires de ses collaborateurs sur son site internet comme chez Buffer ? Ou bien, imaginez que les salaires soient collaborativement établis par les salariés pendant que le patron est en vacances ?

Comme ils l’expliquent bien chez ChronoFlex, pour entrer dans l’entreprise libérée, chaque collaborateur a besoin de faire un travail sur son ego. C’est là le passage de l’entreprise masculine, guidée par les conflits de pouvoir, à l’entreprise féminine, celle qui se construit discrètement dans l’ombre grâce une entre aide permanente.

Dans l’entreprise féminine

  • On s’entre-aide mutuellement
  • L’information n’est plus réservée au pouvoir, mais partagée pour donner à chacun les moyens de faire au mieux son travail
  • On se partage en toute transparence nos difficultés personnelles, notre partie sombre pour mieux se dépasser.
  • La sensibilité aux signaux faibles aide à prendre les bonnes décisions. C’est là que l’intuition entre en jeux !
  • On voit les autres comme des aides potentielles et non plus comme des menaces. Qu’ils soient dans mon entreprise ou non, ils peuvent m’apporter quelque chose.
  • On ne fait pas les choses seulement parce qu’elles sont visibles. On passe aussi du temps à construire des choses dans l’invisible, dans les coulisses, dans l’ombre. Ces efforts dans la durée permettront de construire une entreprise stable, pérenne.

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L’intuition, moteur de changement d’après les neurosciences

Depuis quelques dizaines d’années, nous découvrons les pouvoirs de notre cerveau. Il ne serait utilisé qu’à 10% ou 1% en fonction des théories. Nous sommes également dans une grande période de transformations sociales, économiques et individuelles. Et si l’intuition était notre moteur de changement ?

Les neurosciences s’intéressent à l’intuition

Tout d’abord, Jacques Fradin est un scientifique. Il est chercheur en médecine. Jacques est venu faire un exposé TEDx dans mon école de commerce KEDGE Business School. Il explique à des futurs managers pourquoi la neuroscience représente un intérêt pour nous tous. Nous disposons de beaucoup d’informations, et nous avons besoin de les faire circuler.

Jacques Fradin se base sur les travaux d’Antonio Damasio pour comprendre la conscience et démontrer comment l’intuition est un moteur de changement. Ce dernier localise la conscience dans une petite partie très précise du tronc cérébral (au centre du cerveau). En outres, il explique en quoi ce nid de la conscience est la base de notre identification au soi. Antonio Damasio s’oppose à la théorie qui déclare que la conscience serait seulement un don donné à l’Homme et non à l’animal. Pour lui le cortex (la partie supérieure du cerveau) n’aurait rien à voir avec la conscience.

Notre cerveau, frein et moteur de changement

Revenons au discours de Jacques Fradin. En fait, il existe deux moyens de trouver une solution en utilisant son cerveau. C’est pour cela que des chercheurs se sont amusés par des consignes à stimuler chacune des deux parties. La première façon de trouver une solution est le mode automatique. Cette méthode est basé sur le passé et cherche dans l’expérience une solution au problème. L’autre moyen de trouver une solution est l’intuition, ce mode de pensé qui se base sur l’avenir, c’est le mode adaptatif. Pour solliciter cette partie de notre esprit, il faut se mettre en situation de détente, sans stress social.

90% des étudiants ne trouvant pas la solution en situation de compétition sociale sont capables de trouver la solution dans une situation détendue.

Deux modes mentaux

  • Le mode automatique. Il s’appuie sur la routine, la persévérance, la simplification, les certitudes, l’empirisme et l’image sociale. Il est efficace dans un environnement connu, maîtrisé, mais face à l’inconnu, il n’est pas adapté.
  • Le mode adaptatif : Il s’appuie sur la curiosité, la souplesse, la nuance, la relativité, la réflexion logique, l’opinion personnelle.

Aujourd’hui, la connaissance des fonctionnements de ces modes mentaux peut aider tout un chacun à réaliser ces projets.

cerveau droit cerveau gauche

Cerveau droit – Cerveau Gauche

Pour commencer, on assimile le cerveau gauche à notre partie logique, rationnelle. C’est cette partie de notre cerveau qui nous permet de trouver des solutions en nous basant sur notre expérience et apprentissages. A l’école, on nous encourage à développer cette partie gauche. Le cerveau gauche stocke nos connaissances en calcul, langage, écriture, et autre méthode d’expression. Il nous permet de sentir notre individualité. C’est qui qui est musclé quand on est organisé, précis, que l’on aime planifier, et diriger.

Tandis que le cerveau droit sera assimilé à notre partie émotionnelle, imaginative, créative. C’est là que se loge notre psyché. Cette partie de notre cerveau est l’artiste qui sommeille en nous, qui entre en synergie avec son environnement. Le cerveau droit développe des liens, des connexions entre les sujets. C’est notre partie intuitive, elle reçoit les informations de façon aléatoires et non linéaire comme le cerveau gauche.

Vous l’avez compris, c’est notre cerveau gauche qui reste attaché au passé et au domaine du connu. Et c’est notre cerveau droit qui nous pousse à aller vers l’inconnu, vers le changement car il détient ces informations de façon intuitive et aléatoire.

Le but n’est pas ici de défendre l’un des deux côtés. Il faut simplement en avoir conscience, et développer ces deux parties de notre cerveau. Ainsi on sera enclin à prendre de meilleures décisions.